Gongyo
Littéralement, gongyo signifie « pratique assidue ». Dans le bouddhisme de Nichiren, gongyo consiste en la lecture d’une partie des chapitres 2, « Des moyens » (Hoben), et 16, « Durée de la vie » (Juryô), du Sûtra du Lotus, et en la récitation du daimoku, c’est-à-dire de Nam Myoho Renge Kyo, si possible devant le Gohonzon. La lecture des sûtras est la pratique préparatoire qui contribue à la manifestation des bienfaits de la pratique essentielle (la récitation de Nam Myoho Renge Kyo). Gongyo s’effectue chaque matin et chaque soir. Telle est la pratique fondamentale dans le bouddhisme de Nichiren.
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Foi, pratique, étude
Ce sont les trois aspects fondamentaux de la pratique du bouddhisme de Nichiren Daishonin.

- La foi signifie croire en le Gohonzon, en tant que représentation de la Loi de la vie et des trésors de la vie humaine.
- La pratique consiste à réciter Nam Myoho Renge Kyo et à lire le sûtra deux fois par jour, ainsi qu’à partager l’enseignement du bouddhisme avec les autres.
- L’étude consiste en l’étude et la compréhension des enseignements bouddhiques pour les appliquer dans la vie quotidienne.
Parmi ces trois aspects, la foi est le plus important pour développer notre bouddhéité. La foi engendre la pratique et l’étude, tandis que la pratique et l’étude amènent à approfondir la foi.

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L’éveil ou état de bouddha
Nombreux sont ceux pour que le mot « bouddha » évoque un être spirituel qui se tient tranquillement à distance des problèmes du monde dans lequel nous vivons pour atteindre « le nirvana », qui lui permettra d’échapper à ce monde-ci et à ses perpétuelles souffrances, fruit du désir et des illusions humaines.

Toutefois, cette image ne reflète pas la réalité de la vie de Shakyamuni, le fondateur du bouddhisme qui vécut en Inde il y a 2 500 ans environ. C’était un homme profondément humain, qui rejetait les extrêmes de l’ascétisme et de l’attachement   Il interagissait en permanence avec les autres et souhaitait que tout le monde partage la vérité qu’il avait découverte.

Littéralement, le mot « Bouddha » signifie « l’Illuminé » ou « l’Éveillé ». Il s’agit d’un état d’éveil total et de grande sagesse, qui permet de comprendre pleinement la réalité dans toute sa complexité. Tout être humain qui s’éveille à la vérité fondamentale de la vie peut être désigné par le mot « bouddha »..

Cependant, de nombreuses écoles bouddhiques ont enseigné que l’éveil n’est accessible qu’après une démarche ardue, entreprise au cours de périodes incroyablement longues, ou plutôt au cours de plusieurs vies. Par contre, et c’est étonnant, le Sûtra du Lotus, considéré comme l’enseignement ultime de Shakyamuni, explique que la boddhéité est déjà présente dans la vie de chacun. Il enseigne l’égalité absolue entre tous les êtres et insiste sur le fait que le joyau non poli de l’état de bouddha existe même dans la vie d’une personne apparemment dominée par le mal

. Ce n’est pas quelqu’un d’autre qui nous donne cet état de bouddha, et personne n’a le pouvoir de juger si nous le « méritons ».

De même que de l’or peut être dissimulé dans un sac miteux, ou que des fleurs de lotus émergent d’un étang boueux, nous devons d’abord croire en l’existence de l’état de bouddha en nous-mêmes, puis l’éveiller et le développer ou le « polir ». Le bouddhisme de Nichiren enseigne que l’on peut éveiller notre état de bouddha en se consacrant à la loi contenue dans le Sûtra du Lotus et en récitant Nam Myoho Renge Kyo .

Mais la boddhéité n’est pas statique. Ce n’est pas un état de vie dans lequel on peut s’éterniser avec complaisance. Au contraire, il s’agit d’une expérience dynamique et d’un parcours de développement et de découvertes  perpétuelles.

Lorsque nous renforçons en permanence la boddhéité dans nos vies, nous parvenons à être de moins en moins dirigés par l’égoïsme (ou l’avidité), la colère et la stupidité (ce que le bouddhisme désigne comme les trois poisons). En harmonisant nos vies avec la vie éveillée du Bouddha, nous pouvons exploiter le potentiel qui est en nous et expérimenter une transformation fondamentale..

Parallèlement au renforcement de ce profond état de bouddha, nous développons une force spirituelle qui nous permet de surmonter les plus violentes tempêtes. Si nous sommes éveillés à la vérité, sans changer la nature de la vie, nous pouvons joyeusement surmonter les vagues des difficultés qui nous éclaboussent au cours de l’existence, en tirant parti de toutes les situations. Ainsi, notre vrai soi s’épanouit et nous découvrons d’immenses réserves de courage, de compassion, d’énergie et de force vitale au fond de nous. Nous devenons plus actifs et nous ressentons une profonde liberté intérieure. Nous expérimentons un sentiment croissant d’unité avec l’univers et l’isolement et l’aliénation, causes de tant de souffrances, disparaissent. Nous réduisons notre attachement à notre « petit ego », à notre différence, et nous prenons conscience de l’interrelation entre toutes les vies. Progressivement, nous sentons que nos vies s’ouvrent à celles des autres, souhaitant leur bonheur autant que le nôtre.

Toutefois, s’il est facile de croire que nous possédons les états de vie les plus bas décrits dans les enseignements bouddhiques (enfer, avidité, animalité, colère, etc.), il est beaucoup plus difficile de croire que nous possédons la boddhéité. Mais le déploiement d’efforts considérables, pour développer et renforcer en permanence cet état dans nos vies, en vaut largement la peine.

Ainsi, comme le dit Daisaku Ikeda, « [la boddhéité] est la joie des joies. La naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ne sont plus des souffrances, mais font partie de la joie de vivre. La lumière de la sagesse illumine l’univers tout entier, rejetant l’obscurité innée de la vie. L’espace-vie du bouddha devient uni et fusionne avec l’univers. Le moi devient le cosmos et, en un instant, le flot de la vie s’élargit pour englober tout ce qui est passé et tout ce qui est futur. À chaque instant, la force vitale éternelle du cosmos se répand telle une gigantesque fontaine d’énergie »


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